Les profiteurs des régimes spéciaux


La retraite par répartition  

Il y a des moments où je me demande si je ne devrais pas me mettre en grève contre la collusion syndicats-gouvernement au sujet de l’intangible système de cavalerie financière que constitue le régime des retraites par répartition.

Enterrée depuis longtemps la loi Thomas de 1997 qui permettait la création de fonds de pension à la française. Qui s’en souvient d’ailleurs deux décennies après ?

Il ne reste plus que des mesures liberticides telles que l’obligation de cotiser et cotiser encore plus longtemps sans savoir à la fin à quelle sauce nous seront mangés ! La grève qui s’impose est donc évidente, c’est celle des cotisants.

Bien sûr les cotisations sont prélevées directement sur nos salaires, notre employeur fait donc office de supplétif de l’URSS AF. Nous n’avons dans ce pays qu’une seule échappatoire à la taxation de nos salaires : celle de cesser toute activité ou de descendre dans la rue en demandant une réforme. Je veux dire une vraie réforme du régime des retraites : celle du passage de la répartition à la capitalisation, et même là nous ne retrouverons pas nos billes, car nos  cotisations se sont évaporées.

Soutenir les grèves et manifester ?

Devrons nous pour cela nous mêler aux hordes syndicales de fonctionnaires qui écument nos rues et nous rendent la vie professionnelle difficile ? Que non !  Pire que le refus du gouvernement de reconnaître nos libertés individuelles d’assurés sociaux, il existe les motivations scandaleuses des syndicats, nos saigneurs.

Scandaleuses, quel autre terme pour qualifier une réalité jamais envisagées par les médias mainstream et qui mérite d’être entendue par les crétins qui pensent encore que cette grève des régimes spéciaux financés non par les cotisations mais nos impôts à l’exception de certaines professions libérales (la double tonte) est sympathique ?     

La réalité c’est un fonctionnement : celui du système de retraite financé par la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse (CNAV) et géré par … les syndicats. Car notre système de sécurité sociale est bien entre les mains des partenaires sociaux, un terme peu compréhensible qui désigne les syndicats de salariés et les syndicats patronaux qui prétendent représenter nos intérêts et qui décident donc à notre place. Drôle quand on sait que les syndicats ne représentent en réalité pratiquement plus rien, sauf dans la fonction publique.  

Rappelons aussi que la grève contre la suppression des régimes spéciaux et l’allongement de la période de cotisation mobilise avant tout les fonctionnaires. Ces derniers cotisent souvent moins longtemps que les salariés du privé pour percevoir des retraites plus importantes (20 %  supérieures en moyenne) car calculées sur le salaire brut des 6 derniers mois d’activité contre les 25 meilleures années dans le privé. De plus les régimes publics ne seront jamais en faillite car ils sont financés par la collectivité à travers une charge fiscale toujours plus élevée.

Voila donc pour la prétendue solidarité entre ceux qui toucheront toujours et ceux qui toucheront peut-être et qui portent sur leurs épaules le poids des privilèges du public. Pour être précis, nous payons plus de 34 milliards d’euros au bénéfice des retraites de la fonction publique et des régimes spéciaux !

Affirmons notre volonté d’exercer notre liberté sociale

Vous comprenez donc ce que les syndicats ont à perdre dans une disparition des avantages consentis à leur clientèle syndiquée.

Les manifestations sont donc bien une revendication du maintien des discriminations écœurantes au profit d’une bande de nantis. Chaque fois qu’un militant de la France soumise au tout État gueule sous une bannière CGT ou FSU : « touche pas à ma sécu et à mort les fonds de pension », il ne fait qu’exprimer cette pensée : « Paie pour moi pigeon, raque, cotise, paie tes impôts sur le capital, et surtout ferme ta gueule, j’ai besoin de ton sale fric pour maintenir mes acquis sociaux ».

Ce fracas assourdissant des spoliateurs qui usent de leur pouvoir de blocage comme un chantage auquel nous devrions tous céder n’exprime pas l’esprit de solidarité mais celui du racket. La solidarité, cela ne s’impose pas, et on ne saurait demander aux moins bien lotis de payer les sinécures de ceux qui perçoivent sans mériter.

Face aux bloqueurs et aux profiteurs qui sont les mêmes, la justice sociale la vraie, passe par la restauration des libertés individuelles en matière sociale. 

Que chacun puisse choisir son système de retraite et bénéficie de sa retraite au moment où il le souhaite. Avec une solution répartition, tout ce qui a été cotisé est déjà parti sans rapporter davantage, avec la solution capitalisation, un capital placé à 3 % pendant 30  ans rapporte le double de la mise.

À titre indicatif, sur 30 ans, le CAC 40 a rapporté 13 fois la mise en comptant le réinvestissement des dividendes.

Xavier Prégentil

Pour aller plus loin :

https://www.centralcharts.com/fr/gm/1-apprendre/10-dossier-economique/37-analyse-actualite/829-regime-speciaux-de-retraite-combien-ca-coute

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