L’acacia et les fourmis


Les absurdités d’une planification écologique

Science et Vie Junior du mois de septembre 2009 nous raconte une bien belle histoire d’écosystème à protéger. 
Vous savez ces écosystèmes au fonctionnement si complexe et fruits de milliers d’interactions dont la moindre perturbation peut avoir des conséquences catastrophiques. Eh bien la protection de l’écosystème en question m’a inspiré, comme il se doit, une bonne morale écologique. Profitons-en c’est dans l’air du temps.

L’histoire en question est celle du sauvetage des acacias kenyans, ces pauvres arbres disgracieux et piquants étaient victimes de la voracité des girafes.

Quelques écolos bien inspirés et planificateurs d’écosystèmes au nom de leur connaissance supérieure de l’art de la préservation de la bio-diversité s’en sont donc pris aux animaux à long cou mais aussi à longue trompe. Un coûteux système de barrières fut installé, il ne pouvait cependant pas être déployé autour de l’ensemble des acacias. Certes la mise en œuvre d’un tel projet n’était pas inconcevable mais bon le Kenya et les acacias … 

Heureusement d’ailleurs qu’il ne s’agissait que d’acacias au Kenya, parce que figurez-vous que les acacias protégés s’étiolaient puis mourraient alors que les autres ne se portaient pas plus mal de leur absence de protection. Les biologistes se sont creusés la tête puis ont fini par comprendre que la volonté de protéger les acacias les avait tués.

 La réglementation fait fuir les plus efficaces

En effet la gentille crematogaster mimosae se chargeait de protéger les acacias sans rien coûter aux contribuables et sans la moindre rémunération pour son externalité positive : elle dévorait les larves des insectes parasites du bois et piquait la gueule des girafes et des éléphants en échange du nectar sucré que fournissaient les feuilles d’acacia et de l’abri que leurs donnaient les épines creuses de l’arbre.

Mais dès que les barrières se mirent à éloigner les gros mammifères alors l’acacia tout détendu et rassuré se fit faignant, il fabriqua un minimum d’épines et de nectar ; à leur tour les fourmis moins nourries et moins abritées font la grève du zèle et choisissent à leur façon l’évasion fiscale, en gros un tiers des fourmis se tirent laissant les acacias au prise avec leurs parasites.

Les profiteurs attirés par les nouvelles règles

Celles qui restent remplacent le nectar en moins par l’élevage de cochenilles et ce faisant elles permettent à leur bétail de sucer la sève des acacias, pas bon ça !

Quant aux parasites du bois, ils prolifèrent et creusent des galeries, les fourmis en sous-nombre n’ont plus le temps ni le goût de déguster leurs larves, elles ont de plus rationalisé leur activité en passant de la chasse à l’élevage. Heureusement me direz-vous, la place laissée libre par les crematogaster mimosae assujetties à l’ISF est prise par les crematogaster sjostedti.

Les sjostedtis n’ont pas les mêmes habitudes que les mimosaes, vive la différence, ils mangent de petits invertébrés et se désintéressent des parasites du bois. Mince ! Ils ne travaillent donc pas à sauver les acacias, pire, ils participent à leur mort en profitant des galeries creusées par les parasites pour s’y nicher également.

Répartition de la pénurie entre parasites

Là nos planificateurs humains réfléchissent, si ils ne peuvent attirer de nouveaux mimosaes échaudés, alors autant amener des crematogaster nigriceps dont les mœurs sont comparables à celle des mimosaes puisqu’elle mangent les larves de parasites et occupent les logements vacants d’épines. Mais aïe, les nigriceps boulottent les bourgeons horizontaux. Horizontaux seulement, pas les verticaux, les branches d’acacia ne peuvent donc plus toucher celles des autres acacias, ce qui permettait la circulation des mimosaes d’arbres en arbres. Les derniers mimosaes se barrent et c’est la guerre entre les sjostedti et les nigriceps, une sombre histoire de racisme entre fourmis.

Les sjostedti plus nombreuses et plus agressives l’emportent, l’arbre meurt à brève échéance, les oiseaux ne peuvent plus nicher et les gazelles n’ont plus de feuilles à manger. 

Il est alors trop tard pour déréglementer l’écosystème, mais bon les écolos planificateurs sont des braves types, si les fourmis avaient été moins égoïstes et les arbres moins fainéants cela ne serait jamais arrivé !

Il est donc actuellement question de mener une campagne pour sensibiliser les fourmis et les autres à la citoyenneté, nul doute qu’une prise de conscience de l’urgence écologique permettra d’éviter d’autres catastrophes.

Nul doute non plus que l’on puisse faire encore longtemps confiance à nos politiques et sociologues qui ont vraiment tout compris des rouages complexes d’un écosystème que l’on appelle économie. 

Xavier COLLET, le 12 janvier 2010

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