Mafia politique : Illinois


Mafia = État et vice versa

Il est des choses que l’on ne peut dire dans ce pays au risque d’y perdre sa fortune, sa vie voire sa famille. Le fonctionnement de la mafia est tel que ceux qui veulent savoir finissent par être informés, mais pour que le système fonctionne il doit se nourrir de la confiance ou la peur et souvent des deux.

Le règne de l’État fonctionne sur les mêmes bases : avec en plus un vernis d’hypocrisie servi par une secte et la religion al-caponede l’intérêt général.

Or si un intérêt général existe bien ce qui est d’ailleurs très douteux, seul un Saint serait capable de le servir par son abnégation. Mais les hommes de l’État ne sont pas des saints et ceux qui sont à sa tête ont dû écraser tous leurs rivaux pour en arriver là.

Le pouvoir de réaliser l’intérêt général est donc placé entre les mains de ceux qui n’ont pas le moindre scrupule, des ambitieux, des pires salauds.

Quel intérêt vont-ils alors servir sinon le leur et celui de leurs amis ?

Comment vont-ils se faire respecter et taire les dissidences sinon par la violence ?

Comment chutent-ils si ce n’est pas un coup de couteau d’un ami pressé de leur prendre leur place ?

Vos voix valent de l’or

Oui vos voix valent de l’or, c’est bien ce que pensait George Ryan, gouverneur de l’Illinois, un drôle de Républicain qui n’hésitait pas à se montrer avec Castro.

Ryan avait eu une de ces bonnes idées qui consistait à monnayer des autorisations et des permis délivrés par son administration. Le scandale dit « Operation Safe Road » avait mouillé 77 de ses fonctionnaires et avait fini par le toucher.
L’affaire commença tragiquement en 1994 par un accident de la route qui enflamma une camionnette, coûta la vie à six enfants de la famille Willis et brûla gravement leurs parents, le révérend Duane Willis et sa femme Janet. L’enquête révéla que le camion à l’origine de l’accident avait acheté son permis de conduire à un employé du service des permis, la pratique était d’ailleurs habituelle et une douzaine d’employés de l’État vendaient ainsi le sésame des chauffeurs.

Scott Fawell, le directeur de campagne de George Ryan, fut inculpé pour fraude et racket, il se montrera alors très bavard. Richard Juliano, un autre lieutenant de George Ryan, avait aussi des fourmis dans la langue et avoua être mêlé au versement de commissions occultes pour l’obtention de marchés publics, au financement d’emplois fictifs …

Les fusibles n’ayant pas fonctionnés, il fut permis de remonter jusqu’à l’ancien gouverneur de l’Illinois qui se vit reprocher des faits de racket, de corruption, d’extorsion, de fraude fiscale. George Ryan avait accordé des contrats publics à des entreprises contre des pots de vin, il avait utilisé les fonds de campagne électorale pour régler ses dépenses personnelles et faire des cadeaux à son entourage (ce qui part tout de même d’un bon sentiment ;-), il avait accepté du cash, des cadeaux pour intervenir dans de nombreuses affaires en sa qualité de gouverneur de l’Illinois. Il fut aussi inculpé d’obstruction à la justice car il avait fait de son mieux pour étouffer l’enquête.

De la petite bière cependant car George Ryan ne faisait que suivre l’exemple donné par Otto Kerner Junior et Dan Walker qui l’avaient précédé au poste de gouverneur de l’Illinois, eux aussi furent inculpés pour corruption.

Le successeur de Ryan est un artiste dans son genre 

Ryan ne se représente pas en 2002, le démocrate Rod Blagojevich, assistant du procureur, avocat de formation, se fait alors élire sur un programme de lutte contre la corruption.

Une fois élu, il continue à percevoir des pots de vin pour acheter ses interventions de gouverneur ou pour l’adjudication de marchés publics, mais il voit plus grand et a l’idée assez culottée de revendre au plus offrant le poste de sénateur d’Obama, élu entre temps à la présidence des USA. Il profite là d’une des dispositions de la constitution de l’Illinois lui permettant de nommer un sénateur sur poste vacant.

Plus fort, il organise aussi quelques chantages à la dotation publique particulièrement odieux comme lorsqu’il menace de couper les vivres d’un hôpital des enfants, le Children’s Memorial Hospital de Chicago, si ses administrateurs ne lui versent pas 50 000 $.
Il menace aussi le journal « Chicago Tribune » de rétorsions financières s’il ne vire pas des journalistes qui ne lui plaisent pas.

Le journal en question n’oubliera pas et balance l’existence des « club des contributeurs » créé par Blagojevich, un club très privé dont le droit d’entrée est de 25 000 $ et qui offre en contrepartie la possibilité d’obtenir des contrats publics, des emplois (fictifs) et autres avantages. Le club comptait au moment où il a été balancé le nombre de 235 adhérents.
Blago qui envisageait de devenir président des USA à travers un « plan sur 6 ans », est finalement destitué de son poste de gouverneur en 2009.

Il participe l’année d’après à l’émission de télé-réalité « The Celebrity Apprentice » et là c’est Donald Trump qui le vire.

 

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