La solidarité, la vraie !


Ainsi, non seulement je refuse de compter parmi mes amis des individus durs aux faibles et serviles aux puissants, mais j’ai tendance à me rapprocher de ceux que je juge injustement défavorisés, que ce soit par le sort ou par la situation qui leur a été faite.

Si tous adoptaient cette même inclination notre monde serait
peut-être plus juste, mais si je voulais faire de ce que je considère comme vertu une obligation alors je retirerais toute vertu à ce précepte de vie. Et cela car je laisserais à d’autres le soin de me faire contribuer à réparer ce qu’eux jugent être injuste sans que je n’ai aucune responsabilité dans ces situations considérées à tort ou à raison comme injustes. Je deviendrais alors passif, incapable de choix moraux personnels car on m’aurait dispensé de cette peine au nom de la solidarité obligatoire.

Or la solidarité obligatoire n’a pas créé un monde plus juste : non seulement elle a brisé les liens entre ceux qui donnent et ceux qui reçoivent, mais elle a créé des droits perpétuels au lieu de reconnaissances ponctuelles, tout en substituant l’assistanat qui exclut au coup de pouce qui permet de s’en sortir.

La solidarité obligatoire est donc une insulte à la vraie solidarité du cœur.

Pire, cette solidarité à laquelle nul ne saurait se soustraire consiste aussi à être  » solidaire  » envers ceux que l’on juge ne pas être méritants ; pourtant seule une solidarité véritable nous permet d’épauler ceux qui ont perdu la ressource de réclamer et ne reçoivent donc pas.

En ce sens il est impropre de continuer à parler de solidarité pour faire référence aux politiques développées par l’État-Providence en matière d’exclusion. Ce pompier pyromane de la misère, à vouloir justifier son rôle à partir de l’injustice des  » lois économiques « , a institué un racket déresponsabilisant les assistés et asséchant les générosités de ceux qui se vantent de payer beaucoup d’impôts.

En effet, nous ne croyons pas que l’importance du racket que nous subissons soit capable de soulager les véritables misères, nous pouvons d’ailler en faire la démonstration à n’importe quel moment. Quant à ceux qui y croient pour se l’être fait inculquer par l’école ou les media dominants, ce racket est un alibi de leur  » solidarité  » les dispensant de toute générosité personnelle.
Pour ceux-là l’échec de la « solidarité obligatoire » ne fait que prouver que le racket ne s’est pas encore assez étendu, qu’on ne prend pas encore suffisamment aux autres, c’est-à-dire à ceux qui s’enrichissent par leur travail plutôt que par leurs droits acquis. Ces autres là n’ont pas compris que la solidarité ne découle pas d’un arbitraire, qu’elle est volontaire et que nul ne saurait user du beau mot de solidarité pour évoquer une contribution obligatoire.

Parler de « journée de solidarité » pour faire référence au retour de la corvée en faveur du financement de la Sécu est donc odieux !

Parler de solidarité pour évoquer la prestation d’un service sous l’empire d’un service public qui profite indifféremment à tous est un non-sens !

Enfin parler de solidarité pour le remboursement d’une IVG, alors même que des solidaires contraints en rejettent la pratique comme non-conforme à leur éthique, montre que notre société est très malade.

Xavier COLLET, le premier mars 2008

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