Constitutions et liberté


comparaison France États-Unis

Le libéralisme est un humanisme radical. C’est l’organisation sociale la plus juste qui soit puisqu’elle rejette toute contrainte, toute autre limite à la liberté des uns que celle des autres. La culture américaine repose  toute entière sur ce principe.

Lorsque les Pèlerins du Mayflower posent le pied dans le Massachusetts, en 1620, ils fuient la répression religieuse en Angleterre et veulent fonder une société dans laquelle la liberté de conscience serait pleinement respectée.

Par rapport à notre  évènement fondateur national qu’est la Révolution, on perçoit tout de suite la différence : pas de violence, pas de théorie jacobine visant à modeler l’homme et le territoire sur un modèle préétabli, pas de sens de l’histoire imposant sa terrible dictature.

Quelque 150 ans après les Pères fondateurs, les hommes de l’indépendance américaine proclameront le droit de chacun à la quête du bonheur.
A ce stade, les relations entre le mouvement des Lumières françaises et les idées américaines témoignent d’une indiscutable parenté. Le Déclaration des  Droits de 1789 est étroitement liées au texte fondateur de 1776. Des nuances  cependant : là où le texte américain constate le droit de chacun à expérimenter et donne une liste concrète de revendications, la déclaration française proclame des droits abstraits. Ils ne se retrouvent guère dans la pratique juridique, ce  qui explique l’unanimité avec laquelle la Constituante a approuvé le  document.

Au total ces textes apparentés ont débouché sur des pratiques  contrastées : une démocratie libérale ininterrompue aux États-Unis, des cahots innombrables en France. Ils autorisent aujourd’hui le triomphe de ce honteux  Etat-Providence, qu’on pourrait plutôt qualifier de diabolique tant il repose sur le mensonge et l’exploitation (entre les générations, et entre les couches sociales).

Bien sûr, nous restons conscients du fait que le pragmatisme américain a parfois manqué de vision. La dignité humaine n’a pas été pleinement reconnue d’abord aux Indiens, plus tard aux esclaves noirs. Aujourd’hui il en  reste la violence, partie intégrante de la culture américaine. Mais le cœur du système est ailleurs : le culte de la volonté  individuelle est perçu comme à l’image de Dieu, et donc de la liberté. Le  rapport au transcendantal, vécu comme oppresseur en France avec les combats pour la laïcité, est au contraire libérateur aux États-Unis, en ce qu’il garantit la dignité de chacun.

Certes nous ne pouvons pas changer notre culture. Mais en méditant nos racines, en nous nourrissant de l’histoire de peuples frères, nous pourrons peu à peu prendre en main notre destin et donner un visage plus libre à notre société.

Thibaut MOURGUES, in « Le Libéral » n° 3, novembre 1997


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