L’acacia et les fourmis


Les absurdités d’une planification écologique

Science et Vie Junior du mois de septembre 2009 nous raconte une bien belle histoire d’écosystème à protéger. 
Vous savez ces écosystèmes au fonctionnement si complexe et fruits de milliers d’interactions dont la moindre perturbation peut avoir des conséquences catastrophiques. Eh bien la protection de l’écosystème en question m’a inspiré, comme il se doit, une bonne morale écologique. Profitons-en c’est dans l’air du temps.

L’histoire en question est celle du sauvetage des acacias kenyans, ces pauvres arbres disgracieux et piquants étaient victimes de la voracité des girafes.

Quelques écolos bien inspirés et planificateurs d’écosystèmes au nom de leur connaissance supérieure de l’art de la préservation de la bio-diversité s’en sont donc pris aux animaux à long cou mais aussi à longue trompe. Un coûteux système de barrières fut installé, il ne pouvait cependant pas être déployé autour de l’ensemble des acacias. Certes la mise en œuvre d’un tel projet n’était pas inconcevable mais bon le Kenya et les acacias … 

Heureusement d’ailleurs qu’il ne s’agissait que d’acacias au Kenya, parce que figurez-vous que les acacias protégés s’étiolaient puis mourraient alors que les autres ne se portaient pas plus mal de leur absence de protection. Les biologistes se sont creusés la tête puis ont fini par comprendre que la volonté de protéger les acacias les avait tués.

 La réglementation fait fuir les plus efficaces

En effet la gentille crematogaster mimosae se chargeait de protéger les acacias sans rien coûter aux contribuables et sans la moindre rémunération pour son externalité positive : elle dévorait les larves des insectes parasites du bois et piquait la gueule des girafes et des éléphants en échange du nectar sucré que fournissaient les feuilles d’acacia et de l’abri que leurs donnaient les épines creuses de l’arbre.

Mais dès que les barrières se mirent à éloigner les gros mammifères alors l’acacia tout détendu et rassuré se fit faignant, il fabriqua un minimum d’épines et de nectar ; à leur tour les fourmis moins nourries et moins abritées font la grève du zèle et choisissent à leur façon l’évasion fiscale, en gros un tiers des fourmis se tirent laissant les acacias au prise avec leurs parasites.

Les profiteurs attirés par les nouvelles règles

Celles qui restent remplacent le nectar en moins par l’élevage de cochenilles et ce faisant elles permettent à leur bétail de sucer la sève des acacias, pas bon ça !

Quant aux parasites du bois, ils prolifèrent et creusent des galeries, les fourmis en sous-nombre n’ont plus le temps ni le goût de déguster leurs larves, elles ont de plus rationalisé leur activité en passant de la chasse à l’élevage. Heureusement me direz-vous, la place laissée libre par les crematogaster mimosae assujetties à l’ISF est prise par les crematogaster sjostedti.

Les sjostedtis n’ont pas les mêmes habitudes que les mimosaes, vive la différence, ils mangent de petits invertébrés et se désintéressent des parasites du bois. Mince ! Ils ne travaillent donc pas à sauver les acacias, pire, ils participent à leur mort en profitant des galeries creusées par les parasites pour s’y nicher également.

Répartition de la pénurie entre parasites

Là nos planificateurs humains réfléchissent, si ils ne peuvent attirer de nouveaux mimosaes échaudés, alors autant amener des crematogaster nigriceps dont les mœurs sont comparables à celle des mimosaes puisqu’elle mangent les larves de parasites et occupent les logements vacants d’épines. Mais aïe, les nigriceps boulottent les bourgeons horizontaux. Horizontaux seulement, pas les verticaux, les branches d’acacia ne peuvent donc plus toucher celles des autres acacias, ce qui permettait la circulation des mimosaes d’arbres en arbres. Les derniers mimosaes se barrent et c’est la guerre entre les sjostedti et les nigriceps, une sombre histoire de racisme entre fourmis.

Les sjostedti plus nombreuses et plus agressives l’emportent, l’arbre meurt à brève échéance, les oiseaux ne peuvent plus nicher et les gazelles n’ont plus de feuilles à manger. 

Il est alors trop tard pour déréglementer l’écosystème, mais bon les écolos planificateurs sont des braves types, si les fourmis avaient été moins égoïstes et les arbres moins fainéants cela ne serait jamais arrivé !

Il est donc actuellement question de mener une campagne pour sensibiliser les fourmis et les autres à la citoyenneté, nul doute qu’une prise de conscience de l’urgence écologique permettra d’éviter d’autres catastrophes.

Nul doute non plus que l’on puisse faire encore longtemps confiance à nos politiques et sociologues qui ont vraiment tout compris des rouages complexes d’un écosystème que l’on appelle économie. 

Xavier COLLET, le 12 janvier 2010

Publicités
Publié dans Ecologogo, Uncategorized | Tagué , , , , | Laisser un commentaire

Les hasards de l’histoire


Je me remets un peu difficilement à mes revues de presse, désormais plus par désir d’aménagement de mon placard que de réalisation d’œuvres intellectuelles.

Effectivement, quelques craquements suspects m’ont, au retour des vacances, rappelé à une activité trop longtemps délaissée.

C’est donc le moment de revenir à mes humeurs à l’occasion de la lecture de l’ Humanité, de quelques conneries du Monde, de Paris-Match ou du très distrayant Voici. Je précise tout de même que tout cela sort des poubelles à journaux, donc contrairement à Lagardère je ne participe pas au sauvetage de l’Huma ! 

L’histoire a-t-elle une finalité ?

Au hasard d’un œil fermé et d’une main sur une masse de papiers je tombe sur un vieux Crapouillot de mai 1993. On n’y parle pas d’actualité heureusement mais de l’histoire avec un grand H, enfin d’histoire quoi, c’est à dire d’une substance prohibée par les hommes de l’État. Oui, un peu facho sur les bords, le Crapouillot parle cependant de faits historiques que l’on tait ailleurs.

Ici il est question de s’interroger sur le « sens de l’histoire », pas de faits donc mais une philosophie que Popper qualifiait d’historicisme.

L’histoire vue par Michelet, les républicains de l’époque, la gauche de nos jours, ne laisse pas de place aux individus, tout y est l’œuvre des masses, lesquelles sont déterminées par la condition dans laquelle la société les place.

Une telle vision est tentante, y croire c’est supposer une fin à l’histoire en laissant tout simplement les événements suivre leur cours.

En tant que Libertariens on peut alors considérer que les contradictions de la social-démocratie, la ponction toujours croissante des hommes de l’État sur les richesses produites par la population mènera fatalement à la ruine et à la révolte dans un sens qui nous sera forcément favorable.

Alors dans ce cas autant analyser le phénomène, en parler, et … s’abstenir d’agir pour renverser un ordre social de toute façon condamné. Ainsi s’explique peut être la passivité relative de nos amis Libertariens et l’activisme débridé des gauchistes qui sentent l’histoire leur échapper à force d’attendre une crise finale du capitalisme à laquelle il devient impossible de songer sérieusement.

 Comment croire à un monde ultra libéral, qui a intérêt à véhiculer ce fantasme ?

la-fin-de-l_histoire-et-le-dernier-hommeMais l’œuvre du peuple n’est pas nécessairement le produit de sa condition réelle, nous ne sommes pas déterminés par ce que nous vivons mais en partie parce que l’on croit vivre, et là il nous faut nous reposer sur des pseudo-intellectuels autoconsacrés qui nous diront que ce monde est ultra-libéral quand les hommes de l’État nous volent 53 % des fruits de notre travail (en moyenne). L’avant-garde du peuple (autrefois prolétariat) est toujours agissante, elle énonce les lois de l’histoire à sa sauce et la condition fantasmée du peuple, mais elle prône aussi l’action et non une logique d’attentisme.

La fin de l’histoire en devient un gadget sur fond de matérialisme dialectique marxiste, un gadget plein de contradictions basé sur un déterminisme qui nie la liberté de l’individu, non basé sur l’attentisme mais sur l’activisme des masses, veaux pilotés pour agir en fonction d’intérêts qui ne sont pas les leurs.

L’histoire est-elle chaotique ?

Marx aura tout faux d’ailleurs dans ses pronostics : le socialisme était fort en Angleterre tout particulièrement du fait de la présence importante d’une « classe ouvrière » portée par le développement industriel, pas de révolution prolétarienne pour autant. Le terreau n’était pas encore propice peut être, en dépit d’activistes aussi enragés que ceux de Tower Colliery.

L’aurait-il été davantage dans un pays agricole dénué d’un prolétariat significatif tel la Russie de 1917 ? Évidemment non, et pourtant l’ouvrage de quelques révolutionnaires professionnels a été présenté comme celui du peuple russe tout entier. Qu’en aurait-il été de l’idéologie communiste, à quoi aurait ressemblé notre monde sans Lénine, Trotski et les services secrets du Kaiser ?

Mais non le seul accident historique admis par les historicistes marxistes est la mise en place du troisième Reich, là le peuple n’a plus été moteur de l’histoire, Hitler en devenait la seul singularité historique et pourtant là le peuple a bien mis l’ignoble personnage au pouvoir. Exception qui n’en a pas moins servi les desseins communistes. 

Alors sommes nous condamnés à subir les hommes de l’État, leur système pourra-t-il se perpétuer en dépit de la faillite du système ? La social-démocratie tombera-t-elle sans coups férir à l’image du pourrissement et de la mort de l’ex-URSS ?

Le croire et croiser les bras serait un peu naïf car il faut au moins construire demain, et à cette tâche le chemin sera montré non par un peuple toujours manipulé mais par quelques individualités fortes dont la tâche actuelle est de démontrer le caractère mythique, imaginaire de la notion d’État : quand nous réaliserons que les murs de la prison n’existent pas, alors nous serons libre d’en sortir.

En attendant les troubles qui s’annoncent dans le sillage de la faillite sont ceux d’une véritable guerre civile dans laquelle les assistés ne se résoudront pas à se passer de ce qui va tomber … 

C’est maintenant que les Libertariens sont au cœur de l’histoire, non pour la commenter mais pour en influer de façon décisive sur le cours qui n’a rien d’immuable ! Nous sommes un hasard au bon moment.

Xavier Collet, le 22 août 2001

Publié dans Libéralisme | Tagué , , , , | Laisser un commentaire

Un Vautrin contemporain


Un Vautrin contemporain

brigates

Monstreusement romantique

Merci à Jacques de Guénin de m’avoir envoyé ce roman en un feuillet de Véronique Maurus, paru dans Le Monde du 16 septembre 2002.

Dans un style balzacien, Vautrin revit un instant toutes ses ambiguïtés mais sous une lumière plus chaleureuse puisque c’est lui le héros romantique. Un homme intemporel, séduisant sans le vouloir et riche d’un passé énigmatique. Vautrin illumine une petite rue de Rome, il ne fait que passer mais la journaliste ne voit que lui, le reste est décrépitude, gens pressés, futiles, bavards, des italiens quoi !  pourrait-elle dire.

Vautrin aussi est transalpin, mais il possède cette retenue, cette austérité qui tranche tellement sur ses compatriotes. D’ailleurs, ces italiens là, ils ne l’aiment pas, ils le prennent pour le diable. Nul n’est prophète en son pays semble-t-elle regretter. Car ailleurs, avance-t-elle, cet homme est un théologien, un pape que l’on vient consulter du monde entier.

Le sujet magnifié intrigue, il passionne, quelque chose se passe entre la créature de chair et de sang et celle qui le décrit. Elle insiste sur ses compagnes nouvelles qu’il trouve à chaque exil – serait ce bien Vautrin ? -, elle exhibe  sa fragilité avec une crise sentimentale qu’elle évoque et les deux dépressions qu’a vécu ce monstre de romantisme là. Ce n’est pas l’homme tel qu’il est, c’est le reflet d’un fantasme, d’une fascination pour une violence meurtrière et fanatique.

Le charme vient justement de la monstruosité, de cette fascination nauséabonde qui relègue la journaliste aveuglée au rang de l’ignoble : « on comprend que cet homme a souffert, dans son orgueil mais aussi dans sa chair, que, s’il est encore debout, s’il n’a jamais lâché malgré des épreuves qui rempliraient un roman, s’il renaît de ses cendres, c’est au prix d’une foi et d’un courage rares, un courage désespéré qui force l’admiration, … »

VautrinVautrin a commis bien des crimes d’innocents, il s’en repent et souhaite profiter de l’entregent que son passé lui a procuré afin de se racheter par le service des méritants.

Mais la comparaison s’arrête là, l’homme n’est pas Vautrin, il ne regrette rien, il évoque une partie de ses exploits avec cynisme sans en revendiquer l’intégralité.

Qu’on lui parle de tout ce mal qu’on lui reproche et le voilà qu’il rit, les meurtres il en rit, et puis tout cela est « purement accidentel ». Le président italien l’avait traité de cynique répugnant, il en fait une affichette épinglée à son mur et … il rit.

Non seulement il n’a pas de regrets mais il déteste les repentis, il traîne dans la boue ses anciens compagnons qui ont eu le tort de se faire rattraper par leur conscience. La mauvaise conscience ne paie pas, alors que l’étalage de la monstruosité fascinante captive, séduit et donc rapporte.

La fascination du mal

Ce Vautrin avorté, ce monstre sans rédemption s’appelle Toni Negri, à son palmarès le leadership présumé des brigades rouges avec au moins un hold-up.

Le reste : enlèvements, meurtre d’Aldo Moro et de biens d’autres, mais surtout l’incitation aux troubles et aux assassinats du haut de sa chaire universitaire qui lui a valu le surnom d’il cattivo maestro (le mauvais maître).

Une génération d’étudiants à l’origine des « années de plomb », formés par la maestro Negri, des étudiants repentis, gâchés, évidemment pleins de rancune. Negri les méprise pour leur revirement alors qu’une plus jeune génération en partie formée dans sa nouvelle université de Paris 8 l’admire, l’idolâtre comme dirait notre journaliste.

La France l’a accueilli dans sa fuite aussi longtemps qu’il l’a souhaité.  

L’Europe de la justice a pâti de l’exception Mitterrand pour les brigades rouges, Danielle devait l’adorer, et lui Negri se sentait si bien  dans ce pays : « En France, il n’y a pas de haine politique ». On en jugera dans les 15 jours qui suivent le 21 avril 2002 …

Mais c’est vrai qu’ici on trouve des militants d’ATTAC pour proclamer : « c’est l’un des plus importants penseurs en vie actuellement ». Oui sa monstruosité rapporte quand il la théorise en arme contre le libéralisme, son livre « Empire » , « est devenu la bible de tous les mouvements alternatifs, de Seattle à Porto Allegre », nous dit la journaliste du Monde. Plus de 100 000 exemplaires vendus et la suite est en cours d’édition ! Depuis, il a renouvelé ses contacts politiques, décidé à ne plus faire l’erreur d’une mauvaise stratégie pour l’organisation d’une force politique, persuadé que l’on ne devient terroriste que si on nous pousse à le devenir. La fin décidera donc de cette nécessité, et puis dans ses délires, il sort une autobiographie de son existence de salope sous forme d’entretien avec une psy tombée sous le charme.

Ah oui quel charme, reprenons ce roman au pays où la haine politique n’existe pas, imaginons que le portrait tracé soit celui d’un Libertarien, forcément trop pur et innocent. Ni Negri ni Guevara donc, cela donnerait :

« Au détour de la plus belle avenue du monde, la rue Balzac s’anime doucement. En cette chaude matinée, les cafetiers sortent tables, chaises, parasols, les premiers badauds croisent les employés de bureau et se sourient machinalement au passage. Un homme descend la rue d’un pas rapide, le regard figé, dur. Dans sa hâte on devine le souci d’un temps trop rare dont il se réserve l’exclusivité jalouse. Seul, il a cet air arrogant, cette laideur de celui pour qui rien ne compte, si ce n’est peut être le cours de ses actions. »

Xavier COLLET, le 12 janvier 2003

Publié dans Communisme, Uncategorized | Tagué , , | Laisser un commentaire

Occultisme au sommet


Le tunnel du Gothard

Il y a de cela un peu plus d’un an, à savoir le 11 décembre 2016,  a  été mise en service la ligne ferroviaire du tunnel du Saint-Gothard dont les travaux avaient commencé 20 ans auparavant et qui coûta la vie à 8 de ses employés . 

Le financement de ce tunnel de 57,1 km, soit le plus long au monde, a été assuré par le contribuable Suisse à hauteur de 11 milliards d’euros puisque la Confédération Helvétique  en est le maître d’ouvrage. Il plonge au cœur de la terre pour devenir également le tunnel le plus profond passant au maximum sous 2 450 mètres de roches. De nombreuses galeries de plusieurs dizaines de kilomètres ont aussi été creusées sans utilisation directe à ce jour. 

La fête des politiques

L’inauguration au premier juin 2016 a donné lieu à l’émission d’un timbre poste qui a la particularité d’être enduit d’une pellicule sous vernis de roches issues du forage. Drôle de fétichisme.  

Une fête grandiose financée par le contribuable a permis de réunir les membres du conseil fédéral Suisse mais aussi les ministres des transports et chefs d’États  Italiens, Français, Autrichiens  et Allemands.  Ainsi participaient aux réjouissances Matteo Renzi, François Hollande et Angela Merkel et 1 100 autres personnalités étatiques ainsi que des industriels et banquiers  collaborateurs et enfin 300 journalistes.  

Ils assistèrent donc à un spectacle monumental à plus de 7 millions d’euros  commandé par la société publique de transports Suisses (SBB),  le ministère des transports Suisse et la société du transit Alpin du Saint Gothard.  Ce spectacle dit « Sacre del  Gottardo » fut joué aux entrées nord et sud du tunnel sur une mise en scène de Volker Hesse avec pour chorégraphe Andrea Herdeg  et 600 « artistes » de l’Accademia Teatro Dimitri plus 120 techniciens  sur le thème des mythes du Gothard.

Inversion de la légende

Il existe effectivement une légende concernant un pacte passé avec le démon pour la construction d’un pont que les hommes ne pouvaient ériger. Ce pacte prévoyait que fut sacrifié au diable la première personne qui passerait le pont.  Un bouc  (représentant la figure démoniaque) fut sacrifié à la place par les hommes et pour se venger Satan jeta un monumental rocher pour détruire le pont. Il rata son coup et le rocher se ficha dans la vallée.  

L’ouverture de la cérémonie semble s’écarter largement de la légende puisque l’on y voit dans une marche des zombies, les ouvriers du tunnel dans leur uniforme orange de travailleurs ou de prisonniers, les figurants se déshabillent, semblent participer à une sorte d’orgie présidée par un homme à tête de bouc  et des anges déchus. Trois hommes sont mis au supplice et leurs corps sont pendus désarticulés … 

On n’y retrouve pas vraiment de mythes ou légendes locales là-dedans, mais du grotesque, du malsain sans queue ni tête. Enfin apparemment, sauf qu’en creusant un peu certains signes paraissent évidents.

goatLa référence à la légende est ainsi inversée car le spectacle au sud du tunnel présente l’Agneau (Agnus Dei) qui doit être remis en sacrifice à la place du bouc  et en l’honneur du bouc.  

Souffrance et damnation

Les hommes eux, y apparaissent comme des pantins qui souffrent, meurent, tantôt hystériques, lubriques, ridicules, tantôt terrorisés, et qui se prosternent face à un homme-bouc qui les surplombe.

Ils arborent alors des cornes et défilent comme  les bons petits pantins du pouvoir étatique absolu. On se situe là entre 1984 et l’Enfer de Dante.

Aucune chute salvatrice ne vient clore ce tableau, une sorte de célébration du laid, du sordide, du mal au son d’un rire extatique et démoniaque pour être plus encore explicite. 

Quant à la date choisie, elle se situe précisément 6 jours avant la célébration mondiale du signe de la bête(666) au 6 juin 2016 par l’église de Satan d’Anton LaVey .       

Célébration en l’honneur des hommes de l’État 

Nous étions là en pleine cérémonie sectaire, à laquelle participaient sans recul un prêtre, un pasteur, un rabbin et un imam, ainsi que des figurants dont un pape et deux religieuses et même un représentant officiel  de l’athéisme.  

Il s’agissait donc plus précisément d’une messe noire à ciel ouvert à laquelle furent confiés les happy few du tout État.

La Suisse est d’ailleurs bien le paradis des sectes lucifériennes et sataniques avec ses nombreux mouvements se réclamant du « Lucifer  Trust » d’Alice Bailey recyclés dans le développement personnel et les thérapies avec la soutien d’institutions et du pouvoir politique. Le pouvoir politique célébrant donc l’occultisme,  mais ce ne serait pas la première fois entre Ahnenerbe, société de Thulé  et franc-maçonnerie.  

Le sujet est en tout cas à creuser lorsque l’on sait aussi que des sociétés authentiquement sectaires et lucifériennes sont reconnues comme ONG par l’ONU.

Quant aux retombées du spectacle, il semble avoir plu puisqu’il est conservé sous forme de films largement diffusés et a obtenu le prix suisse Xaver dans la catégorie « meilleur spectacle public », puis le Golden Award de Montreux et enfin la pomme de bronze du Famab Awards.

Mais voyons plutôt en appuyant sur les paramètres pour avoir la traduction en français.

Publié dans Manipulation | Tagué , , , , , | Laisser un commentaire

Mafia politique : Illinois


Mafia = État et vice versa

Il est des choses que l’on ne peut dire dans ce pays au risque d’y perdre sa fortune, sa vie voire sa famille. Le fonctionnement de la mafia est tel que ceux qui veulent savoir finissent par être informés, mais pour que le système fonctionne il doit se nourrir de la confiance ou la peur et souvent des deux.

Le règne de l’État fonctionne sur les mêmes bases : avec en plus un vernis d’hypocrisie servi par une secte et la religion al-caponede l’intérêt général.

Or si un intérêt général existe bien ce qui est d’ailleurs très douteux, seul un Saint serait capable de le servir par son abnégation. Mais les hommes de l’État ne sont pas des saints et ceux qui sont à sa tête ont dû écraser tous leurs rivaux pour en arriver là.

Le pouvoir de réaliser l’intérêt général est donc placé entre les mains de ceux qui n’ont pas le moindre scrupule, des ambitieux, des pires salauds.

Quel intérêt vont-ils alors servir sinon le leur et celui de leurs amis ?

Comment vont-ils se faire respecter et taire les dissidences sinon par la violence ?

Comment chutent-ils si ce n’est pas un coup de couteau d’un ami pressé de leur prendre leur place ?

Vos voix valent de l’or

Oui vos voix valent de l’or, c’est bien ce que pensait George Ryan, gouverneur de l’Illinois, un drôle de Républicain qui n’hésitait pas à se montrer avec Castro.

Ryan avait eu une de ces bonnes idées qui consistait à monnayer des autorisations et des permis délivrés par son administration. Le scandale dit « Operation Safe Road » avait mouillé 77 de ses fonctionnaires et avait fini par le toucher.
L’affaire commença tragiquement en 1994 par un accident de la route qui enflamma une camionnette, coûta la vie à six enfants de la famille Willis et brûla gravement leurs parents, le révérend Duane Willis et sa femme Janet. L’enquête révéla que le camion à l’origine de l’accident avait acheté son permis de conduire à un employé du service des permis, la pratique était d’ailleurs habituelle et une douzaine d’employés de l’État vendaient ainsi le sésame des chauffeurs.

Scott Fawell, le directeur de campagne de George Ryan, fut inculpé pour fraude et racket, il se montrera alors très bavard. Richard Juliano, un autre lieutenant de George Ryan, avait aussi des fourmis dans la langue et avoua être mêlé au versement de commissions occultes pour l’obtention de marchés publics, au financement d’emplois fictifs …

Les fusibles n’ayant pas fonctionnés, il fut permis de remonter jusqu’à l’ancien gouverneur de l’Illinois qui se vit reprocher des faits de racket, de corruption, d’extorsion, de fraude fiscale. George Ryan avait accordé des contrats publics à des entreprises contre des pots de vin, il avait utilisé les fonds de campagne électorale pour régler ses dépenses personnelles et faire des cadeaux à son entourage (ce qui part tout de même d’un bon sentiment ;-), il avait accepté du cash, des cadeaux pour intervenir dans de nombreuses affaires en sa qualité de gouverneur de l’Illinois. Il fut aussi inculpé d’obstruction à la justice car il avait fait de son mieux pour étouffer l’enquête.

De la petite bière cependant car George Ryan ne faisait que suivre l’exemple donné par Otto Kerner Junior et Dan Walker qui l’avaient précédé au poste de gouverneur de l’Illinois, eux aussi furent inculpés pour corruption.

Le successeur de Ryan est un artiste dans son genre 

Ryan ne se représente pas en 2002, le démocrate Rod Blagojevich, assistant du procureur, avocat de formation, se fait alors élire sur un programme de lutte contre la corruption.

Une fois élu, il continue à percevoir des pots de vin pour acheter ses interventions de gouverneur ou pour l’adjudication de marchés publics, mais il voit plus grand et a l’idée assez culottée de revendre au plus offrant le poste de sénateur d’Obama, élu entre temps à la présidence des USA. Il profite là d’une des dispositions de la constitution de l’Illinois lui permettant de nommer un sénateur sur poste vacant.

Plus fort, il organise aussi quelques chantages à la dotation publique particulièrement odieux comme lorsqu’il menace de couper les vivres d’un hôpital des enfants, le Children’s Memorial Hospital de Chicago, si ses administrateurs ne lui versent pas 50 000 $.
Il menace aussi le journal « Chicago Tribune » de rétorsions financières s’il ne vire pas des journalistes qui ne lui plaisent pas.

Le journal en question n’oubliera pas et balance l’existence des « club des contributeurs » créé par Blagojevich, un club très privé dont le droit d’entrée est de 25 000 $ et qui offre en contrepartie la possibilité d’obtenir des contrats publics, des emplois (fictifs) et autres avantages. Le club comptait au moment où il a été balancé le nombre de 235 adhérents.
Blago qui envisageait de devenir président des USA à travers un « plan sur 6 ans », est finalement destitué de son poste de gouverneur en 2009.

Il participe l’année d’après à l’émission de télé-réalité « The Celebrity Apprentice » et là c’est Donald Trump qui le vire.

 

http://www.cafepress.com/+crook-county-illinois+yard-signs
Publié dans Privilèges | Tagué , , , , , , | Laisser un commentaire

Ce qui est, ce que nous voulons


Souffrances, exploitation et guerres

terreQuand nous regardons la terre à partir de l’espace nous voyons une planète bleue merveilleusement belle et calme, les astronautes parlaient d’un sentiment de plénitude. Alors comment s’imaginer qu’à la surface de cette terre tant de souffrances perdurent : misères, famines, répressions sauvages, guerres sans fins …

Pourquoi tellement de malheurs s’abattent sur les hommes, des créatures intelligentes vivant sur une planète incroyablement riche ? Comment se fait-il qu’au quotidien, alors que la plus grande majorité d’entre nous parvient à se rendre productif, à coexister avec sa famille, ses amis, ses voisins ; comment se fait-il que notre société soit ravagée par les conflits et la violence ? Comment en sommes nous arrivés là ?

L’une des origines de nos malheurs repose sur la criminalité. Les criminels sont, universellement et à juste titre, condamnés. Pourtant la plupart des gens ne réalisent pas que les conflits à grande échelle et la violence institutionnalisée ne viennent que des États.

Les États : une violence à grande échelle

George   Washington l’a expliqué il y a plus de deux cent ans de cela :

« L’État n’est pas la raison, il n’est pas l’éloquence, il est la force. Tel le feu c’est un serviteur dangereux et un maître redoutable ».  

Les États ont émergé avec l’apparition de l’agriculture afin de protéger les propriétés des fermiers contre les bandits et les envahisseurs étrangers. Alors les dirigeants ont obtenu un blanc seing pour lever des armées afin de défendre le peuple. Mais ils ne se sont pas arrêtés là et ont profité de ce nouveau pouvoir qui permettait de lever des impôts avec l’aide d’hommes en armes, ce nouveau pouvoir qui permettait de mettre le peuple en esclavage.

Invariablement, les hommes de l’État ont usé de leur monopole de la violence « légitime » pour s’enrichir et en faire profiter leurs obligés aux dépens du peuple et des minorités les plus faibles.

Les hommes de l’État ont enrobé leurs actions dans des considérations collectives, que ce soit au nom d’un droit divin ou d’un supposé progrès social. Ils ont convaincu le peuple de se sacrifier au nom d’un mythique « intérêt général ».

La dérive socialiste des États

Les socialistes, dont les fascistes, conçoivent la société en tant qu’organisme vivant dans lequel les individus sont des cellules aux fonctions multiples qui doivent être commandées par un système nerveux central : l’État. Les socialistes pensent que leur planification scientifique centralisée de l’économie mènera aux objectifs utopiques d’une société égalitaire.

Cependant, donner un pouvoir absolu à une poignée de privilégiés a toujours eu pour résultat une concentration des richesses entre les mains d’une élite corrompue. Tous les autres sont condamnés à subsister dans la peur et la pauvreté. Et puis comme les dissidents – réels ou imaginaires – sont une menace pour le « plan », alors ils sont impitoyablement persécutés. L’héritage du monopole politique sur la société au 20ème siècle c’est l’esclavage et l’extermination de masse à l’initiative du totalitarisme socialisme personnifié par Mao, Staline, Hitler, Pol Pot …

Cassons la dynamique totalitaire

Au contraire la liberté reconnaît la dignité et la primauté de l’individu. Une société libre est assise sur le respect mutuel des droits inaliénables de chacun de vivre comme il l’entend, aussi longtemps qu’il ne porte pas préjudice aux autres par la force ou la fraude. Les institutions d’une société libre sont constituées par l’association volontaire et le financement privé. Des agences de protections, fonctionnant sous le principe de l’assurance, auront pour fonction la résolution des conflits et la protection des individus, la liberté et la propriété sont assurées par la police, les cours de justice et une défense basée sur un engagement volontaire. Ces agences seraient financées par des droits d’adhésion et des contributions volontaires.

Quand la liberté a germé, elle s’est toujours accompagnée de progrès économiques et culturels, elle a permis au peuple d’accumuler des richesses et de jouir d’une vie plus épanouie. La tolérance et la liberté individuelle ont produit une floraison des arts, de la philosophie, de la science. La Grèce classique, la Rome républicaine, la Chine du 11ème siècle et l’Amérique de 1776 ont jouis à différents degrés de cette liberté et de ces progrès.

Pourtant la croissance débridée des pouvoirs du politique a saccagé la liberté et la prospérité dans chacune de ces grandes civilisations. Il y a une trentaine d’année on pouvait penser que le socialisme allait détruire définitivement notre héritage de la Renaissance, des Lumières et de la Révolution américaine.

Aujourd’hui les horreurs du socialisme inspirent une nouvelle soif de liberté à travers le monde. Ceux qui se battent contre l’interventionnisme sauvage des États dans nos sociétés qui vont à vaux l’eau, brandissent haut les idéaux de la liberté et proposent des solutions pratiques pour mettre les dommages du socialisme et de la social-démocratie. Ces mesures passent par la fin du harcèlement fiscal ; la privatisation générale du domaine d’État ; la déréglementation ; l’abolition du protectionnisme ; la promotion de la propriété privée ; la décentralisation ; la reconnaissance du droit à l’autodéfense ; la fin des censures et des prohibitions.

Xavier COLLET, le 5 août 2002

 

Publié dans Etatisme, Uncategorized | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Business collectiviste pour enseignant informé … ou pas


En mars 2004, j’avais déjà mis le pied dans le business collectiviste à destination des enseignants sous le titre « à boycotter d’urgence ». 

J’y faisais référence à toute une galaxie commerciale s’organisant autour de la clientèle enseignante, il y avait effectivement de quoi faire, sauf que depuis la CAMIF a mis la clé sous  la porte, mais d’autres trucs ont bien dû émerger …

Mais lisons plutôt :

Une de mes lectures favorites est devenue le magazine du syndicat des enseignants UNSA (il y a encore pire du côté de la FSU), je l’absorbe dans ses détails à la recherche de scoops bien croustillants, de conneries bien gauchistes ou encore d’informations qui m’apprendraient quelque chose. Et justement les informations qui m’importent le plus en ce moment sont relatives à la connaissance du maillage associatif et entrepreneurial qui, outre les sempiternelles subventions, sert de pompe à finances à l’inépuisable activisme des ennemis de la liberté.

Je me rends ainsi compte qu’à notre corps défendant, moi et vous certainement, par nos actes d’achats de biens ou de services, acquittons le prix de ces cordes qui aspirent à nous pendre.

Ainsi je ne connaissais pas l’association « Solidarité Laïque », j’apprends maintenant qu’elle est une coquille d’entreprises, coopératives et associations. Effectivement son président se trouve être à la tête de la CAMIF, boite de VPC pour fonctionnaires. Ses vice-présidents représentent « Jeunesse en Plein Air », pour les camps de … vacances, la MGEN, mutuelle monopoliste des enseignants qui s’affichent anti-capitalistes et la « Ligue de l’Enseignement ». Son trésorier vient d’ « Arts et Vie », oups un club de vacances que j’ai fréquenté en famille au début des années 80.

L’info s’arrête là, je ne connais pas les prises de positions publiques de « Solidarité Laïque », j’hésite tout de même à leur demander une obole pour l’ADEL. Je me disais bien que la MGEN était irrécupérable, mais enfin pour les autres je ne savais pas qu’ils donnaient dans le collectivisme. Après tout je me trompe peut être, heureusement Internet est là et je vais en avoir le cœur net.

Je tape «Solidarité Laïque » et atterris sur son site, lequel présente une déclaration commune qu’elle a signé avec  … la coordination SUD, argh, le CCFD, oh les théologiens de l’aliénation, Act Up, Max Havelaar France, Greenpeace France, Solagral, … Diantre rien que de la merdouille tout ça. Mon opinion est faîte et je sens poindre le boycott bien Libertarien d’Arts et Vie, CAMIF et consorts. Mais c’est qu’il est curieux le Collet, alors il ouvre ses petits yeux inquisiteurs et lit.

Humpf, la déclaration a à voir avec la Conférence de Cancun et les signataires nous la jouent antimondialiste commençant par la dénonciation des mécanismes de marché et du libre-échange au nom du développement durable, bizarre ça ! Puis, ils affirment que « la moindre des choses serait de reconnaître que tout le monde n’est pas gagnant à ce jeu du libre-échange généralisé ».

Et là, aussi étonnant que cela puisse vous paraître, je suis convaincu, un sentiment de pitié extrême me prend à l’égard de tous ces gentils dictateurs, de ces fonctionnaires corrompus, de ces pauvres politiques. Lesquels dans un environnement mondialisé ne pourront plus gérer leur clientèle protectionniste subventionnée, ne pourront plus rançonner les masos productifs avec cet affabilité qui les caractérise. Mais je suis rassuré comme doit l’être aussi Solidarité Laïque, la conférence a échoué et les relativement riches pourront se préserver de la concurrence sauvage de ces misérablement pauvres du Tiers-Monde grâce aux subventions à l’exportation que nos gouvernements nous rackettent.

Bon j’avoue que sur le coup j’ai l’ironie triste, il n’en reste pas moins que j’approuve Solidarité Laïque en matière de défense du développement durable.
Oui ce concept est aussi au centre de notre pensée bien libérale : nous ne devons pas vivre aux dépens des générations futures. Et c’est au service du développement durable que nous ne pouvons plus accepter ce système de répartition qui force nos jeunes salariés à cotiser en sacrifiant leur génération et la suivante, c’est mettre au premier plan le développement durable que de proclamer que les hommes de l’Etat aggravent leurs crimes en alourdissant les déficits et les dettes budgétaires et sociales, léguant à nos enfants le fardeau d’une faillite inéluctable. Le développement durable implique le passage immédiat à la capitalisation, la fin des dettes et des déficits budgétaires par un reflux tout révolutionnaire du domaine de l’Etat.

Je ne lirais pas plus loin cette déclaration de Solidarité Laïque car je sens que déjà qu’ils nous devancent dans ce combat. Ah vraiment comme on peut se tromper sur des premières impressions, c’est fou non ?…

Xavier COLLET, le 24 mars 2004

 

Publié dans bobo, Uncategorized | Tagué , , , , , | Laisser un commentaire